Mon enfant est allergique au lait de vache


Parentalité / mercredi, août 22nd, 2018

Un long voyage en camping-car, au bout du monde, avec trois jeunes enfants de moins de cinq ans, c’était beaucoup trop simple, pensez-vous. Presque ennuyeux ! Du coup, Manoé notre cadet a eu la bonne idée de pimenter un peu le jeu. En effet, notre fils est allergique au lait de vache. Si au bout de deux ans et demi, on commence à être familiarisés avec la problématique, en voyage, on risque sans doute de rencontrer quelques difficultés. Ou de belles surprises, qui sait ! Dans tous les cas, l’intolérance alimentaire est un sacré chamboulement gustatif. Elle arrive sans prévenir et nous impose de revoir intégralement la grande majorité de nos habitudes culinaire. Mais pas de panique !

Je vais vous raconter les débuts compliqués d’un bébé allergique. Je vais aussi vous parler de ce diagnostic, celui qu’on ne pose pas, celui qu’on nie, ou qu’on ignore.

Par la suite, nous vous parlerons de notre expérience alimentaire en évitant les produits laitiers autour du monde. Mais d’abord, le commencement…

 

Les premiers mois de vie

 

Les pleurs

Ca a commencé par des pleurs, incessants, stridents. Des pleurs que je ne connaissais pas, pourtant déjà maman d’un plus grand. Au début, on se dit que ça va passer, que c’est les coliques, ou le choc de l’accouchement. On se dit beaucoup de choses, parce que 18 heures sur 24 de pleurs, faut bien les justifier. On nous dit que c’est normal, qu’un bébé ça pleure, alors on console. Ou du moins, on tente de consoler. Je me rappelle peiner à endormir mon nourrisson de trois semaines, hurlant, les poings serrés, les sourcils froncés, les traits tirés. Et là, le silence, ses petits yeux clos, soupire de soulagement… Une minute, deux minutes, pas plus. Réveillé dans un autre cri, insupportable, insoutenable. Et ça, tous les jours. Je ne comprenais pas, je ne décryptais pas. Je regardais impuissante mon bébé me dire, dans le langage de l’horreur qu’il avait mal.

 

L’allaitement

J’avais allaité mon premier longtemps, et c’est un domaine qui n’avait plus de secret pour moi. C’est ce que je pensais en tout cas. Quel désenchantement de constater qu’avec ce deuxième tout était compliqué, même l’allaitement. Les tétées ne ressemblaient à rien. Il cherchait, tirait, et automatiquement un mouvement de recul suivi d’un pleur mettait fin à son repas. Repas qu’il réclamait de nouveau quelques minutes plus tard, et ainsi de suite. C’était décousu et brouillon. J’avais l’impression de ne pas le nourrir, ou de mal le nourrir. Le sein le soulageait autant qu’il le brûlait. J’étais frustrée, fatiguée et je culpabilisais de lui faire mal. Pour autant, je n’ai jamais envisagé d’arrêter l’allaitement. Et heureusement, une fois la cause de son mal trouvé, on a pu continuer jusqu’à ses vingt mois notre chouette aventure lactée.

 

Les symptômes

En dehors de l’allaitement compliqué et des pleurs prolongés, j’avais remarqués quelques symptômes surprenant. Il mâchouillait, comme s’il avait un chewinq-gum dans la bouche, et on entendait des bruits francs de déglutitions. La position allongée était extrêmement inconfortable pour lui et pour nos oreilles. Ayant pratiqué le portage exclusif pour Titouan, je comptais offrir ces moments à mon second, mais impossible ! Il se raidissait dés que je le glissais dans l’écharpe. Il était constamment encombré et affecté niveau ORL. Dans les pires cas, il a eu les yeux qui ont gonflé, et des gros coups de fatigue, à la limite du malaise.

En dehors de cela, rien de clinique a constater. Manoé remplissait ses couches, et suivait correctement sa courbe de croissance, et de poids. Et comme ce critère est le seul qui semble intéresser les médecins, selon eux, tout allait bien ! “C’est normal qu’un bébé pleure ! ça fera 60 euros, merci, au revoir !”

 

Mais mon fils n’étant pas une généralité, voici un petit tableau qui résume les symptômes des cas d’allergie / intolérance aux produits laitiers :

Symptômes intolérance au lactose

  • Ballonements
  • Gazs
  • Crampes abdominales
  • Diarhées
  • Nausées
  • Vomissements
  • Maux de tête
  • Fatigue
  • Douleurs musculaires et articulaires
  • Affection ORL

 

Symptômes allergie aux PLV

  • Urticaire, eczéma
  • Oedème de Quincke
  • Anaphylaxie (réaction allargique généralisée)
  • Gonflement des lèvres, de la langue, et serrement dans la gorge
  • Nausées / Vomissement / douleurs abdominales
  • Diahrées
  • Obstruction nasale
  • Asthme
  • Affections ORL

 

Le reflux gastro oesophagien

Manoé avait deux mois quand il a été hospitalisé pour des convulsions. Les examens n’ont rien présentés de grave, mais le diagnostic de RGO interne a (enfin !) été posé suite à un examen. Une ordonnance de gaviscon, inexium, et c’était réglé. Sauf que, souhaitant éviter le traitement médicamenteux si jeune, j’ai commencé à faire des recherches approfondies sur les PLV (protéines de lait de vache). En parallèle, le pédiatre que je consultais m’avait conseillé l’éviction des produits laitiers. Au bout du rouleau, j’aurais tenté l’impossible pour soulager mon bébé.

 

Eviction / Réintroduction de l’allergène

L’éviction des PLV

Ca a porté ses fruits, même si en parallèle nous avons entrepris d’autres démarches pour soulager notre bébé (ostéopathie). Ses pleurs étaient toujours présent mais à moindre intensité. Les tétées sont devenues considérablement plus agréable et j’ai pu, avec un bon train de retard commencer à apprivoiser ce bébé. Mon bébé. Un début de connexion a commencé à naître entre nous. C’était pas parfait, mais c’était bien mieux. La situation s’est considérablement améliorée quand Manoé a commencé à se tenir debout. Il a alors fait des cures de sommeil, comme pour rattraper les heures perdues.

 

Réintroduction des PLV

Le médecin m’a recommandé de réintroduire les laitages dans son alimentation. Ce que j’ai fait, progressivement. Au début ça allait, ça passait. Ouf, il n’est pas allergique ! Mais au bout de quelques temps, les premiers signes ont (re)fait leur apparitions. Pleurs, douleur, diarrhées, fatigue intense, affection ORL chronique… Comme ça, nous avons alterné plusieurs cycles d’évictions / réintroduction sous les conseils du médecin. En vain. Les symptômes étaient à chaque fois plus virulents.

 

La médecine et l’allergie au lait

La prise de sang

Je tiens à parler de cette prise de sang, parce qu’il faut en parler ! Deux fois, elle lui a été prescrite. Deux fois, je suis allée lui faire faire. Et deux fois, j’ai eu le même résultat : Négatif. A devenir dingue ! Sauf qu’en discutant autour de moi, j’ai appris que cette prise de sang ne valait RIEN en France. Pour avoir un résultat fiable, il fallait la faire en Allemagne ou en Belgique et qu’elle a un coût exorbitant. Sauf que, les médecins se sont basés sur ce résultat pour affirmer que mon enfant n’était PAS allergique au lait. A devenir dingue, je vous dis ! Donc oui, à l’heure actuelle, j’ai une confiance limitée en la médecine, qui clairement me prend pour une imbécile !  Donc, selon la prise de sang, je spécule. Et l’allergie / intolérance au lait est un effet de mode.

Il existe également un test cutané appelé le prick-test. Il ne m’a été jusqu’alors conseillé par aucun médecin. Ce que je trouve surprenant au vu des symptômes de mon enfant. Nous avons décidé de prendre l’initiative de les lui faire passer auprès d’un allergologue très prochainement.

 

Et puisqu’on on y est, parlons-en, de l’effet de mode

Je sais pas si vous le sentez mais là, je suis remontée ! L’autre jour, on a passé la journée chez un copain de mon aîné. Il y a eu un loupé, comme ça arrive parfois. Près d’1 heure après ce dit loupé, Manoé a commencé a témoigné les premiers signes. Maux de ventre, première diarrhée. En fin d’après-midi, au bout de trois diarrhées, je me suis re retrouvée démunie face à un petit garçon qui hurlait, se roulait par terre en se tenant le ventre. Il avait les fesses en sang, tant ses selles étaient acides. Dur à encaisser quand je me suis entendue dire encore récemment “Non mais Madame, s’il est intolérant il y a une marge de manoeuvre”. Mais voyez vous, selon la prise de sang, c’est négatif ! Selon, les médecins, c’est un effet de mode. Les parents s’ennuient, alors ils inventent des problèmes à leurs enfants, hein !

 

Et aujourd’hui ?

Manoé est un enfant en pleine santé. Il a une fragilité intestinale mais avec un bon régime alimentaire (dont je parlerai dans un prochain article), les symptômes se font quasiment inexistant.  En cas de loupé, son corps rejette très vite.

L’éviction des produits laitiers, c’est un coup à prendre, finalement. Et ça n’a pas que des inconvénients. Ca nous a poussé à revoir nos habitudes alimentaires, à consommer autrement, consciencieusement. Je vous avoue qu’il nous arrive encore de nous cacher pour manger un bout de fromage, ou de planquer le gruyère râpé en dessous des pâte. Mais en dehors de cela, nous avons très facilement remplacé le lait. Et je vous raconterai comment très vite dans un autre article.

 

Infos en vrac’ ! 

  • L’allergie entraîne une réaction immédiate, potentiellement mortelle et virulente.
  • L’intolérance agit plus insidieusement. Elle peut néanmoins entraîner des symptômes rapides. Dans l’intolérance, il y a une marge de manoeuvre, mais les intestins et l’organisme sont mis a rude épreuve.
  • Il y a deux allergènes différents dans le lait : le lactose et la protéine de lait.
  • On parle plutôt d’intolérance au lactose et d’allergie à la protéine de lait.
  • Dans l’intolérance au lactose, l’organisme est incapable de digérer le lactose car il ne produit pas suffisamment de lactase (enzyme destiné à digérer le lactose)
  • L’allergie au PLV est une réaction du système immunitaire après l’ingestion de l’aliment. Le corps se défend contre les protéines de lait qu’il détecte comme étant toxique pour lui.

 

Et vous, avez-vous connu l’allergie / intolérance aux produits laitiers ?

N’hésitez pas à partager cet article si vous penser qu’il peut aider d’autres parents.
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2 réponses à « Mon enfant est allergique au lait de vache »

  1. Ma fille est allergique aux protéines de lait de vache, elle a été hospitalisé a 9 jours car elle perdait du poids en plus de tout les symptômes décrits. Elle a maintenant 3 mois et un lait sans protéines de lait de vache depuis son hospitalisation. Malheureusement niveau digestif c’est pas top. Merci pour votre article je me sens moins seule et comprise.

  2. Tu sais… malheureusement, nous les meres, nous en faisins “trip” nous exagerons . Surtout les mamans allaitantes
    Tu nous vois, on est collés a nos enfants. Alors oui oui nos petits sont exeptionnels car se sont les notres…
    Le probleme de notre societe va plus loin que l empowerment de la medecine, tout decoule de notre societe patriarcale.
    La femme est infantilisee des quelle devient mere, une femme au foyer voyons ca n a pas de poids economiquement parlant elle n est bonne qu a changer les ciuches et faire la popote… et en quoi en plus saurait elle mieux qu un medecin?
    Voila en 2018 , on en est encore , rien n a changé…
    C est rageant
    Suis ton coeur de maman et tes intuitions, car nous , femmes,sommes capables de raisonnement, duntuition et de recherche tout comme ces “medecins” qui au final ne font qu appliquer des lecons apprises sur les memes bancs d ecole
    Tres peu sont capable de remise en question et de rechervhe….
    Belle aventure a tous les 5 😉

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