Vivre dans un 40 m2 à 5 : On l’a fait ! – Minimalisme et retour d’expérience


Le projet / mercredi, août 29th, 2018

Il y a un an tout pile, nous quittions notre appartement pour poser temporairement nos valises dans un tout petit espace de 40 m2. En attendant le grand départ ! Cerise sur le gâteau, un petit humain grandissait à l’intérieur de moi. C’était un choix. L’expérience avait une date de péremption et cela nous permettait de faire des économies. Mais qui dit choix, ne dit pas forcément qu’il était bon. Alors, je reviens sur cette année pour vous raconter notre vie à 5 dans 40m2. Qu’est-ce que nous avons mis en place pour que ça se passe le mieux possible ? Comment le minimalisme a été notre meilleur allié ? Comment l’avons-nous vécu ? Et comment se sent-on à l’aube de notre départ ?

 

Le minimalisme

 

De toute évidence, nous ne pouvions pas pousser les murs (pas faute d’avoir essayé) ! Mais pour optimiser l’espace, nous disposions d’une solution simple, efficace et contribuant grandement au bien-être personnel : Le minimalisme !

Trier, vendre, jeter

Cela a débuté par un grand tri. Au départ, je mesurais l’importance de chaque objet avant de m’en séparer. Au bout d’un moment, ça m’a tellement gonflé (pour ne pas être grossière !) que je jetais tout. De toute façon, j’étais à un moment de mon existence où je voulais repartir de zéro. Sentimentalement, j’ai fait un petit travail pour remettre le matériel à sa juste place : sa place de matériel. En effet, on a souvent tendance à raisonner avec l’affect quand il s’agit d’objets. Mais soyons clair, un objet n’est qu’un objet. Ca se casse, ça se remplace, ça se revend, ça s’échange et ça peut même se jeter…

Donc oui, nous nous sommes débarrassés de tout ce dont nous ne nous servions pas. Même du napperon en feutrine que Tante Gertrude avait reçu en héritage de sa maman, qui elle-même l’avait reçu de sa grand-mère, qui l’avait cousu du bout de ses doigts… Oui, bon, c’est vrai, on a pas de tante de Gertrude. Ni de napperon en feutrine ! Mais vous voyez l’idée !

 

Moins de meuble, plus d’espace

Nous avons fait en sorte d’avoir le moins de meuble possible. Un canapé-lit, une table et des chaises, un meuble pour stocker les DVD (On aurait même pu se passer de celui-ci et de ce qu’il contenait mais… ) et un petit bureau. Notre salon n’avait pas besoin de plus. Selon moi, les meubles attirent le bazar ! J’ai longtemps étudié la question entre moi et moi-même, et j’en ai conclus que l’être humain avait peur du vide. C’est vrai, nous avons, au-dessus de notre radiateur une petite étagère. J’ai beau la ranger, la vider, l’épurer, inévitablement, elle fait office de garde-tout ! Comme un aimant à objet-non-classé, cette étagère est systématiquement surchargée. C’est dingue ! Je pense qu’inconsciemment, dans le cerveau humain, les espaces vides doivent être remplis. Donc, moins de rangement = moins d’objets stockés !

 

Mettre en pratique quelques petites astuces simples

Il existe quelques astuces pour simplifier le désencombrement. Je vous donne mes petits secrets. Et faites ce que je dis, pas ce que je fais surtout. Suivez-les à la lettre et vous aurez un intérieur épuré et spacieux :

Une entrée, une sortie : Pour chaque objet qui entre, en faire sortir un à la place. Par exemple, quand on achète des slips à son enfant, en jeter le même nombre. Quand on se procure un nouveau sac-à-main, se séparer de l’ancien. Et ainsi de suite… Je vous mentirais si je vous disais que je l’ai pratiqué à la lettre. Mais je ne vous mens pas en vous disant que j’aurais du !

La semaine décisive : La majorité de nos achats se font sous le coup d’une impulsion. La faute à notre émotionnel. Combien de fois je me suis procurée un objet, persuadée que sans je ne pourrais pas survivre, pour au final ne jamais m’en servir ? Beaucoup trop ! Et on est (presque !) tous pareil. Cela s’appelle un plaisir instantané. Il y a un réflexe à adopter, avant chaque achat, prendre systématiquement le temps de se raisonner : Bon ok. Cet objet me fait très envie. Si dans une semaine, cela me semble toujours aussi indispensable, je pourrais me le procurer. 90% des fois, au bout d’une semaine, l’objet sera aux oubliettes. Et il restera le 10% de plaisir, encore plus apprécié…

Vendre pour acheter : Quand un objet nous fait de l’oeil, une façon de limiter les achats abusifs serait de vendre des affaires pour obtenir la somme d’argent. ça rejoint le principe d’une sortie, une entrée. Et ça a le mérite d’être économique.

Bannir les on-sait-jamais : Me la faîtes à moi ! Je suis à peu près sûre et certaine qu’au moins une fois dans votre vie vous avez gardé des objets noyés de poussières sur un hypothétique “onsaitjamais” ! Moi, perso, je suis la pro ! “Non mais quand même, on sait jamais …” On sait jamais de quoi ? Si ça fait des mois qu’on ne s’en est pas servi, c’est pas d’un coup d’un seul qu’un objet va devenir utile. Donc les onsaitjamais, c’est poubelle ! Et pareil pour les “au-cas-où” “ça-peut-servir” ou les “imagine-si”…

Etre pauvre : Incontestablement, celle qui marche le mieux, je vous jure ! Testée et approuvée. Un compte en banque vide garantit automatiquement un intérieur épuré. Si jamais, les astuces précédentes ne vous ont pas convaincu, ils vous reste celle-ci ! Et d’ailleurs, si jamais vous ne savez pas comment devenir pauvre, je veux bien me sacrifier pour aider ! (clin d’oeil !)

 

Maintenant que vous savez tous mes p’tits trucs pour agrandir un appartement. Je vais vous raconter comment s’est passée la proximité. Combien de survivants ? Nos nerfs ont-ils tenu le choc ? Est-ce qu’on s’aime toujours ? suspens…

 

Cohabiter dans 40 m2 à 5

Une épreuve pour les sens ?

Clairement, oui. C’est une vraie grande épreuve sensorielle. Particulièrement pour l’ouïe et la vue. Parce qu’en plus, là tu te prends de plein fouet le revers de la médaille du minimalisme : ça résonne ! C’est un peu comme les médocs ce truc, tu soignes d’un côté et ça t’en bousille un autre.

Donc, quoi qu’on fasse, les enfants étaient toujours dans notre champ de vision et dans notre champ auditif. Le bruit aura été l’élément le plus pénible de cette expérience. C’est sans interruption, d’intensité explosive. Pour ne rien arranger, j’ai une hypersensibilité sensorielle que mes enfants mettent naturellement à rude épreuve sans la promiscuité. Alors là, c’était rock’n’roll !

Pour être tout à fait honnête, j’ai souvent du aller m’enfermer dans la salle de bain pour souffler un grand coup. En mode Bouddha-de-la-médiation. Mais ce qui marchait vraiment pour lutter contre ce fléau, c’était les sorties. Alors on sortait ! Avec le gros ventre, avec le bébé dans l’écharpe, avec la neige… On bravait toutes les épreuves météorologies et logistiques pour notre survie à tous !

L’intimité

En ce qui concerne l’intimité, ce n’est pas pire qu’en maison. Les enfants avaient une chambre, nous un salon. Nous parvenions à passer des soirées ensemble, rien que tous les deux. ça s’est un peu corsé après l’arrivée de Minipuce, mais pour le coup, rien à voir avec l’espace restreint.

 

Le regard des autres

Souvent, j’ai eu droit aux questions douteuses et aux regards suspects des voisins. Je me sentais comme obligée de justifier notre choix. Il faut savoir que dans notre immeuble, tous les appartements font la même taille. Il faut aussi savoir que notre immeuble est occupé par une majorité de retraités, et que donc les commérages vont bon train. Donc imaginez un peu l’ouragan qu’on a amené avec nous. La famille Delajungle s’installe dans un immeuble du troisième âge. Non, mais ils sont sympa quand même ! Parce que c’est vrai qu’on est un sacré remue-ménage à nous cinq ! D’ailleurs, ils sont encore plus sympas depuis qu’ils savent qu’on part en octobre ! Pour peu que je leur dise qu’on avance en septembre et ils nous font la haie d’honneur.

 

Les écrans

Ce qui m’a le plus dérangé dans cette expérience, c’est que j’ai trop souvent à mon gout cédé à la facilité. Oui, ils ont regardé beaucoup de dessins animés. Oui, je l’avoue. Méa culpa ! Une fin de grossesse, un début de maternité, la fatigue physique et émotionnelle, et l’absence d’extérieur m’ont fait basculer du côté obscur de mes principes. Ca, et le fait que l’appartement était mal insonorisé, j’ai souvent usé de cette arme pour éviter de réveiller les voisins à 7h du mat’ le dimanche ! Parce qu’on va pas se mentir, le dimanche à 7h du mat, j’ai pas très envie de faire des jeux de société généralement.

 

En bref…

C’est faisable ! Avec mes petits sauvageons, je n’aurais pas envisagé cette option sur du long terme. Et pour être honnête nous sommes content de quitter cet appartement. Content sans être pressés non plus. Nous partons pour encore plus petit c’est sur, mais avec un accès libre à l’extérieur. Et finalement, c’est bien cela qui nous pèse le plus dans cette vie de citadins : les murs et l’absence de liberté.

 

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