IEF : retirer ses enfants du système scolaire


Education - IEF / dimanche, août 19th, 2018

Suite à la naissance de notre ainé, nous nous sommes intéressés de près aux pédagogies alternatives. Particulièrement Montessori, mais aussi Freinet, Steiner pour y piocher quelques idées ça et là. Cela a été pour nous une révélation ! Déjà, parce qu’il était difficile pour les anciens écoliers que nous sommes d’imaginer qu’il puisse exister autre chose que l’école telle qu’on la connaît. Mais aussi parce que cela devrait être un droit pour chaque enfant de bénéficier d’un enseignement plus personnalisé, humain, et respectueux de son rythme et de ses particularités.

Je vais vous parler dans cet article de nos observations et de notre cheminement personnel. De ce qui nous a conduit à prendre la décision de retirer nos enfants du système scolaire.

 

Le système scolaire Français

Archaïque ?

Je suis toujours stupéfaite de voir à quel point l’éducation nationale peine à évoluer. On vit dans un monde en mouvement constant, qui évolue, qui change, qui se renouvelle. Et pour autant, les programmes scolaires sont figés depuis plus de cent ans. On le répète pourtant assez souvent : Un pourcentage affolant d’enfants en échec scolaire. De plus en plus d’enfants dits atypiques… Et toujours le même fonctionnement de l’école, presque contre-nature.

Le système n’est absolument pas conçu pour le monde d’aujourd’hui, prépare encore moins à celui de demain, et est à peine pertinent pour celui d’hier. Si encore l’école se contentait de ne pas être actuelle, mais pire que ça, elle braque beaucoup trop de jeunes contre les plus grandes richesses du monde.

Par exemple, on nous force à lire des oeuvres anciennes, dans un français que l’on ne sera jamais amené à utiliser, racontant des histoire à peine compréhensibles. Des romans dépourvues d’intérêt pour la majorité des jeunes âmes. Etonnant quand on sait que les librairies débordent de petites pépites fraîchement sorties, dans notre langue actuelle.

Dans quel but ?

Jamais dans mon quotidien, ou dans ma profession, je me suis entendue dire “Bon sang ! Heureusement que j’ai lu Molière !”. Par contre, lire des oeuvres moyenâgeuses m’a souvent amené à dire : “Je déteste lire !”. On justifie ça par un tas de raisons telles que la culture, l’histoire de la littérature, par le fait que nos grand-parents en sont pas morts… Mais, concrètement, à part dégouter les jeunes lecteurs de la lecture, quel en est l’intérêt ?

Pour moi, le système éducatif manque cruellement d’un bon coup de neuf et d’une revisite intégrale. Mais allez le bousculer, le dinosaure de l’éducation nationale !

 

Déshumanisant ?

C’est sans tabou que j’utilise ce mot, fort, mais selon moi, juste. Bien sûr, le pourcentage d’élèves qui ont réussi à s’acclimater ne comprendront peut-être pas mon raisonnement. Mais il y a les autres, ceux qui comme moi, se retrouvaient au fond de la classe, à attendre désespérément que le temps s’écoule. L’élève dit mauvais, ignoré des profs et méprisé des autres. Celui qu’on considère comme un cas désespéré, pire qu’on ne considère même plus. Et qu’on accuse même de faire exprès d’être “nul”, ou “cancre” sans se questionner sur la souffrance qu’il peut ressentir dans ces salles de classes où tout lui semble vide de sens.

Je n’ai pas la sensation d’avoir été traité comme un humain à l’école, mais bien comme un chiffre. Un chiffre qui m’a longtemps poursuivi et qui continue bien trop souvent de me hanter. Or, selon moi quantifiés les capacités, l’intelligence et les qualités d’une personne, pire d’un enfant, me semble ahurissant, réducteur. Combien d’enfants se retrouvent à penser à tort qu’ils sont en-dessous, parce qu’il qu’ils excellent dans des domaines que l’école a choisi de ne pas mettre en valeur et échouent là où on les attend ? Mais peu importe, dans une salle de classe, c’est la note qui prime et qui est déterminante. Aujourd’hui, je sais en parler avec le recul nécessaire, mais l’ancienne écolière que je suis est toujours fragilisé par ce chiffre trop bas. Et c’est bien dommage !

Un système peut difficilement allier élitisme et humanité. 

 

Et l’envie d’apprendre dans tout ça ?

L’enfant est doté d’une curiosité naturelle et d’une soif d’apprendre inné. Il est conçu pour explorer, questionner et s’intéresser. La connaissance est arborescente. Une découverte en appelle une autre, et ainsi de suite. Sauf que, dans notre système éducatif, dés le plus jeune âge, on apprend à l’enfant à rester assis, cloué à une chaise. Et à remplir son cerveau du savoir de son professeur, sans même lui laisser le temps de s’être lui même posé la question au préalable, ni d’avoir cherché à trouver la réponse.

On part du principe que tous les enfants doivent apprendre la même chose au même moment. Qu’il y a un temps donné pour chaque acquisition. Que s’ils n’ont pas encore le dit âge, ils sont “en avance”, et, s’ils le dépassent, ils sont alors “en retard”. Encore une fois, l’individualité est nié. Les enfants doivent s’adapter et se sur-adapter pour remplir leur grille d’acquisition en temps voulu et ne pas sortir de la “norme”.

Dans la pédagogie Montessori, l’enfant est autonome dans ses apprentissages, et libre d’apprendre la bonne chose, au bon moment, selon lui, selon son rythme propre. L’autonomie est favorisée. Je dirais, que le grand faussée qu’il y a entre la majorité des pédagogies alternatives et le système tel qu’on le connaît, c’est que dans l’un, l’enfant est acteur de ses apprentissages et dans l’autre, il est spectateur. Pour peu que le spectacle ne suscite pas son intérêt, sa disposition naturelle d’apprentissage s’éteindra progressivement.

 

Une autre scolarité

Pour moi, c’était clair. Je voulais autre chose pour mes enfants. J’ai étudié toutes les hypothèses, les coûts des écoles alternatives, les points positifs, les points négatifs. Mon graal aurait été de pouvoir les scolariser dans une école Montessori. Mais malheureusement à l’heure actuelle, l’état ne donne aucune subvention pour ce type de pédagogie. Du coup, dans certains quartiers, leur coût est juste hors de portée pour une famille de classe moyenne, et ce, même en ayant qu’un seul enfant scolarisé. Sans compter qu’après la primaire, il faut réintégrer l’enfant dans un système traditionnel puisqu’il n’existe que très peu de collège Montessori en France. J’avais pensé à l’IEF (instruction en famille), mais ne me sentais pas les compétences, la patience, ni la passion pour sauter le pas. Puis, c’est un choix. Un vrai grand choix. Qu’il faut assumer, en dépit des jugements et des critiques. Nous en étions là.

 

Apprendre en voyageant

 

La déscolarisation 

Quand nous avons pris la décision de faire un long voyage, l’idée de déscolariser nos enfants s’est imposée à nous. Ben oui, malgré toute notre bonne volonté, ça aurait été bien difficile de traverser un continent pour les emmener à l’école tous les jours. Mais nous n’avons, pour autant, pas pris cette décision à la légère et nous sommes beaucoup renseignés sur les différentes façons de procéder des parents qui avaient choisi l’IEF. Mais en fait, il y a autant de façon d’apprendre qu’il y d’être humain ! C’était extraordinaire de lire tous ces témoignages de familles un peu atypiques qui avaient fait de l’apprentissage un plaisir.

Certains imposent un cadre inflexibles et recréer une école miniature dans leur salon, quand d’autres laissent leurs enfants complètement libres et autonomes dans leur façon d’apprendre, en pratiquant l’unschooling (ou la non-école). D’autres encore, se situent entre les deux. Aucun des choix ne me semble meilleur qu’un autre, tant que l’enfant est écouté et prend plaisir à apprendre.

 

Comment choisir notre façon d’apprendre ?

Nous avons en premier lieu pensé au CNED, mais après avoir potassé, nous avons admis que c’était trop contraignant, coûteux et encombrant. De plus, ça nous engageait un peu trop et nous nous retrouvions face à un support très théorique, peu pédagogique, aux antipodes de ce qu’on recherchait initialement. Quitter le système pour l’embarquer dans notre camping-car ? Mouais… Par ailleurs, je ne souhaitais pas nous enfermer dans une pédagogie, du genre Montessori-et-rien-d’autre. Je suis persuadée qu’il y a du bon à prendre de partout et que c’est à nous d’en faire un mixe.

Durant notre road trip Breton, j’avais emporté des supports sympas pour occuper mon aîné qui est plutôt naturellement demandeur, mais l’informel l’a grandement emporté sur le formel. Il a appris à lire sur des panneaux, des plans. Il a appris à additionner les coquillages, les pattes de crabes. Ses connaissances se sont décuplées au fur et à mesure de nos visites et de nos découvertes. Et je vous mentirais si je vous disais que je n’en avais pas appris autant, du haut de mes 26 ans. Apprendre en explorant, quel bonheur !

Ils seront nos guides

Nos enfants savent mieux que personne de quoi ils ont besoin, et quand ils en ont besoin. Nous avons décidé de leur offrir notre pleine confiance et de les laisser nous guider dans leurs propres apprentissages. Apprendre à lire, apprendre à compter, se cultiver, ça doit rester un plaisir, pour ne pas dire, un jeu ! Nous utiliseront des supports que je suis en ce moment même en train d’étudier de près (et dont je vous parlerai dans un prochain article) pour (entre autre) travailler la motricité fine, l’écriture, etc. Nous utiliserons ces cahiers principalement sur la demande des enfants, et je ne me fais pas de souci, dés que nous roulerons, ils ne manqueront pas de me les réclamer. Pour le reste, nous sommes confiant. Ils apprendront bien plus que ce que j’ai pu apprendre en me rongeant les ongles au fond de ma salle de classe.

Voilà donc ce que nous avons choisi pour eux :

L’école de la vie.

 

Et après le voyage ?

 

On n’y est pas. Mais il y aura un après, ou pas. Personne ne peut prédire si nous choisirons de prolonger ou pas notre vie sur les routes. Dans tous les cas, nous sommes assez clairs et tranchés sur un point : Nos enfants ne seront pas scolarisés dans le système traditionnel français. Nous envisageons peut-être une expatriation pour découvrir une autre culture, un autre fonctionnement.

Mais chaque chose en son temps…

 

“Si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper à un arbre,

il pensera toute sa vie qu’il est stupide.”

Albert Einstein

 

Et vous, comment avez-vous vécu votre scolarité ?

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 13
    Partages

Une réponse à « IEF : retirer ses enfants du système scolaire »

  1. Je suis absolument du même avis. On n’apprend pas la vie les fesses rivées à une chaise à écouter une seule et même personne presque tous les jours d’une année pendant plus ou moins 10 ans…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *